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Avocat en incentives salariés et managers

Les dispositifs d'incentives (BSPCE, BSA, AGA, stock-options, actions de préférence, management package, participation et intéressement) permettent d'associer salariés, dirigeants et managers clés à la création de valeur de l'entreprise. Leur structuration juridique, fiscale et sociale est complexe et conditionne leur efficacité, leur acceptabilité par les bénéficiaires et la résistance à un contrôle administratif. Notre cabinet accompagne startups, PME, ETI et fonds d'investissement dans la conception, la mise en œuvre et la gestion courante de ces dispositifs.

Cette page présente les principaux outils d'incentives disponibles en droit français, leurs conditions, leur régime fiscal et social, et les points de vigilance à chaque étape du cycle de vie. Chaque projet fait l'objet d'une analyse préalable au regard des objectifs, de la forme sociale, des associés existants et des perspectives de liquidité.

BSPCE : l'outil phare des startups

Les bons de souscription de parts de créateur d'entreprise (BSPCE) sont régis par l'article 163 bis G du Code général des impôts. Ils sont réservés aux jeunes sociétés par actions, soumises à l'IS, de moins de quinze ans, non cotées ou cotées sur un marché non réglementé, détenues à au moins 15 % directement ou indirectement par des personnes physiques. Les BSPCE confèrent le droit de souscrire des actions à un prix fixé à l'émission.

Fiscalement, le gain d'acquisition et de cession est imposé au PFU de 30 % (avec option possible pour le barème) lorsque le bénéficiaire exerce ses fonctions dans la société depuis au moins trois ans au moment de la cession. En deçà, un taux de 30 % majoré s'applique. Socialement, le gain n'est pas soumis aux cotisations de sécurité sociale, mais il est soumis à la CSG-CRDS sur les revenus du patrimoine. L'attribution de BSPCE suppose une délibération de l'assemblée générale ou de l'organe compétent fixant le nombre, les conditions et la durée d'exercice.

BSA et BSA-AIR

Les bons de souscription d'actions (BSA) sont plus souples que les BSPCE : ils peuvent être émis par toute société par actions, à destination de n'importe quelle catégorie de bénéficiaires (salariés, dirigeants, investisseurs, partenaires). Leur régime suit les règles générales des titres donnant accès au capital (articles L. 228-91 et suivants du Code de commerce). Le gain d'exercice et de cession suit le régime fiscal des plus-values mobilières, mais le gain issu d'un BSA consenti dans un contexte d'emploi peut être requalifié en salaire si les conditions d'attribution révèlent une contrepartie au travail plutôt qu'un investissement réel.

Le BSA-AIR (Accord d'Investissement Rapide) combine un BSA avec un accord d'investissement préalable : l'investisseur souscrit un BSA dont l'exercice donnera lieu à l'émission d'actions à un prix fixé lors du tour suivant, avec un plafond de valorisation (cap) et une décote. C'est un outil de préamorçage rapide qui évite les négociations lourdes sur la valorisation à un stade où celle-ci est difficile à fixer.

Actions gratuites (AGA)

Les attributions gratuites d'actions (AGA) sont régies par les articles L. 225-197-1 et suivants du Code de commerce. Elles permettent d'attribuer des actions à titre gratuit à des salariés ou dirigeants, sous réserve d'une période d'acquisition (minimum un an) suivie, le cas échéant, d'une période de conservation. L'attribution est décidée par l'assemblée générale extraordinaire qui fixe le plafond, les critères d'attribution et la durée.

Le gain d'acquisition (valeur des actions au jour de leur attribution définitive) est imposé comme un salaire lorsque le plan ne respecte pas les conditions, ou dans un régime mixte favorable (article 80 quaterdecies du CGI) lorsque les conditions légales sont respectées : abattement de 50 % jusqu'à 300 000 €, puis imposition au barème au-delà. Le gain de cession est imposé selon les règles des plus-values mobilières. Une contribution patronale spécifique est due par l'employeur (20 % sur la valeur des actions attribuées, sauf dispositifs dérogatoires).

Stock-options et régime de l'article 80 bis CGI

Les options d'achat ou de souscription d'actions, ou stock-options (articles L. 225-177 à L. 225-186-1 du Code de commerce), sont attribuées par décision de l'assemblée générale extraordinaire, sur proposition du conseil d'administration ou du directoire. Le régime fiscal distingue le rabais (différence entre le prix d'exercice et la valeur de l'action au jour de l'attribution), l'avantage (gain à la levée de l'option) et la plus-value de cession.

Le régime de l'article 80 bis CGI impose l'avantage comme un complément de salaire lorsque les conditions ne sont pas remplies, ou selon un régime spécifique, pour les plans attribués avant la réforme de 2012, encore très présent dans les dossiers de management package. Les règles sont complexes et ont évolué plusieurs fois. Une analyse actualisée est indispensable lors de la cession ou de la levée.

Management packages et actions de préférence

Le management package désigne l'ensemble des dispositifs qui alignent les intérêts des managers clés avec ceux des actionnaires. Il combine souvent actions ordinaires, actions de préférence, BSA, BSPCE et clauses de liquidité. Les actions de préférence (articles L. 228-11 et suivants du Code de commerce) peuvent être dotées de droits financiers particuliers (préférence de liquidation, dividendes prioritaires) ou politiques (droit de vote renforcé, droit de veto).

Un point de vigilance majeur concerne la requalification en salaire. L'administration et le juge examinent, à la lumière des arrêts récents du Conseil d'État (décisions du 13 juillet 2021 n° 428506 et autres, CE 2022), si le gain résulte d'un investissement réel (risque assumé, prix réel payé, liberté d'action) ou d'une contrepartie au travail (avantages conditionnés à la présence, attribution gratuite ou décotée, garantie financière du résultat). Nous cadrons les projets pour préserver la qualification fiscale de plus-value et documentons les conditions d'attribution.

Participation, intéressement et épargne salariale

La participation est obligatoire pour les entreprises d'au moins cinquante salariés (articles L. 3322-1 et suivants du Code du travail). L'intéressement est facultatif et vise à associer les salariés à la performance collective (articles L. 3311-1 et suivants). Ces dispositifs sont exonérés de cotisations sociales (hors forfait social pour certaines tailles d'entreprise) et bénéficient d'un régime fiscal favorable lorsqu'ils sont bloqués dans un plan d'épargne (PEE, PERCO, PER collectif).

La prime de partage de la valeur (ex-« prime Macron »), issue de la loi n° 2022-1158 et refondue par la loi de 2023, permet aux employeurs de verser une prime exonérée de cotisations et d'impôt dans certaines limites et sous conditions. Les plans d'épargne salariale (PEE, PERCOL) complètent l'arsenal, avec un abondement employeur possible.

Structuration et documentation

La mise en place d'un plan d'incentives suppose plusieurs étapes : définition des objectifs (recrutement, fidélisation, alignement), choix de l'instrument, dimensionnement (enveloppe, plafonds par bénéficiaire), règles d'attribution (performance, présence, vesting, cliff), gestion des événements de départ (good leaver, bad leaver), mécanismes de liquidité (rachat par la société, offre de tiers, introduction en bourse).

La documentation combine statuts, pacte d'associés, règlement du plan, contrats individuels et décisions d'organes. Chaque bénéficiaire doit recevoir une information claire sur le fonctionnement du plan, la fiscalité applicable et les obligations déclaratives. En cas de départ, nous formalisons les opérations de rachat, les procédures de valorisation et la levée des engagements.

Comment notre cabinet vous accompagne

Notre équipe conçoit et rédige les plans d'incentives, anime leur mise en place, assiste les bénéficiaires en cas de cession et représente les clients en contrôle ou contentieux. Nous travaillons en coordination avec nos pôles corporate, fiscal et droit des sociétés, ainsi qu'avec les conseils usuels (banques d'affaires, experts-comptables, cabinets RH).

Pour étudier un projet de plan d'incentives ou un événement particulier (cession, départ d'un manager, évolution du capital), nous vous invitons à nous contacter via le formulaire du cabinet. Un premier échange permet d'identifier les contraintes et les options.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un BSPCE ?

Un bon de souscription de parts de créateur d'entreprise (article 163 bis G du CGI) confère à son bénéficiaire le droit de souscrire des actions de la société émettrice à un prix fixé à l'émission. Il est réservé aux jeunes sociétés par actions, soumises à l'IS, non cotées ou cotées sur un marché non réglementé, sous conditions d'âge et de détention.

Quelle différence entre BSPCE et BSA ?

Les BSPCE sont strictement réservés à certaines sociétés et à certaines catégories de bénéficiaires, avec un régime fiscal spécifique favorable. Les BSA peuvent être émis par toute société par actions au profit de toute catégorie de bénéficiaires, mais leur régime fiscal suit les règles de droit commun et peut être requalifié en salaire si le gain résulte en réalité d'une contrepartie au travail.

Quels sont les avantages fiscaux d'un BSPCE ?

Le gain (différence entre le prix de cession des actions et le prix de souscription payé à l'exercice du BSPCE) est imposé au PFU de 30 %, majoré à 30 % si le bénéficiaire exerce ses fonctions dans la société depuis moins de trois ans lors de la cession. Le gain n'est pas soumis aux cotisations de sécurité sociale. Pour l'employeur, il n'y a pas de charges sociales sur l'attribution, contrairement aux AGA.

Comment motiver ses salariés avec des BSPCE ?

Au-delà de l'attribution elle-même, la motivation repose sur une communication claire (valeur potentielle, scénarios de liquidité), des conditions de vesting adaptées (période d'acquisition progressive), l'alignement avec des objectifs de performance, et une mécanique de sortie lisible (clauses de good/bad leaver, fenêtre de liquidité). La documentation individuelle est essentielle.

Quels sont les risques de requalification d'un management package ?

Le gain peut être requalifié en salaire lorsque le bénéficiaire n'a pas pris de risque financier réel (prix symbolique, attribution gratuite) et que l'avantage est conditionné à la poursuite des fonctions (clauses de présence, rachat obligatoire à prix décoté en cas de départ). La jurisprudence récente du Conseil d'État insiste sur le caractère aléatoire du gain et la réalité de l'investissement.

Qu'est-ce qu'une clause de bad leaver ?

Une clause qui prévoit le rachat des titres d'un manager quittant l'entreprise dans des conditions défavorables (démission sans motif, révocation pour faute, concurrence déloyale), souvent à un prix décoté (valeur de souscription, valeur comptable, pourcentage de la valeur de marché). Elle protège la société et ses associés en cas de départ non souhaité.

Peut-on combiner BSPCE, BSA et AGA ?

Oui, à condition de respecter les règles propres à chaque instrument (éligibilité de la société, plafonds, décisions d'organes) et d'assurer la cohérence globale du plan. La combinaison permet d'adresser différents profils (fondateurs, managers, salariés) avec des instruments adaptés à leur fonction et à leur niveau de responsabilité.

Que deviennent les BSPCE non exercés en cas de cession de la société ?

Le sort des BSPCE non exercés au moment d'un événement de liquidité (cession, introduction en bourse) est fixé par le contrat d'émission et le règlement du plan : exercice accéléré possible, offre de rachat à un prix correspondant à la valeur implicite, caducité si non-exercice dans le délai prévu. Un examen préalable du contrat est essentiel pour planifier la sortie.

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Notre équipe
Des experts passionnés

Notre équipe est composée de professionnels passionnés et dédiés, chacun expert dans son domaine. De la propriété intellectuelle et du droit numérique au droit des affaires et à la fiscalité.

IP/IT

maitre arnaud touati

# Arnaud Touati

Avocat associé et co-fondateur

Arnaud, avocat associé et co-fondateur du cabinet Hashtag Avocats, dirige le pôle Contractuel IP-IT.

Son domaine d’expertise englobe les questions relatives à l’entrepreneuriat, au droit du numérique, au droit des données personnelles, ainsi qu’au droit du Web3.

Avant de fonder Hashtag Avocats en 2015, Arnaud a pratiqué le droit des affaires dans de nombreux cabinets d’avocats anglo-saxons à Paris, de grandes banques d’affaires, mais également au sein de structures de taille intermédiaire. Sa passion pour la technologie l’a naturellement conduit à fonder Hashtag Avocats avec Harry Allouche, dans le but de développer une expertise rare dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la protection des données (RGPD, éthique), et surtout de la blockchain (ICO/STO, NFT, Web 3.0).

Arnaud est également membre de l’incubateur du Barreau de Paris. Il enseigne à l’École de Formation du Barreau et dans plusieurs écoles de commerce renommées. Il participe également à de nombreux workshops et événements au sein de l’écosystème des startups.

Elise hausherr

# Elise Hausherr

Avocate collaboratrice au sein du pôle Contractuel IP-IT

Elise exerce en tant qu’avocate collaboratrice au sein du pôle Contractuel IP-IT.

Son domaine d’expertise englobe les questions relatives au droit des données personnelles, au droit du numérique et au droit du Web3.

Elise a suivi une double formation droit des affaires / école de commerce. Avant de rejoindre Hashtag Avocats en 2021, Elise a cumulé huit années d’expérience au sein d’une grande société de conseil en technologies. Pendant cette période, elle a dirigé des projets de transformation complexes pour de grandes entreprises françaises et internationales opérant dans le secteur industriel. Aujourd’hui, elle accompagne les clients en résolvant leurs problématiques juridiques tout en apportant son expertise opérationnelle. Depuis son arrivée au cabinet, Elise a développé les pôles Fintech/Blockchain/NFT et RGPD. Elle a également mis en place des outils internes afin d’améliorer les processus du cabinet.

Nathan benzacken

# Nathan Benzacken

Avocat dans le domaine de la propriété intellectuelle et du droit numérique

Nathan exerce en tant qu’avocat collaborateur au sein du pôle Contractuel IP-IT.

Son domaine d’expertise englobe les questions relatives au droit du numérique et de la propriété intellectuelle. Son expérience s’est enrichie au sein de services juridiques, notamment dans le domaine de l’audiovisuel et du cinéma, ainsi qu’au sein de cabinets d’avocats traitant du droit d’auteur, du droit des marques, du droit de la consommation, du droit des données personnelles et du droit de la presse.

Passionné par les évolutions constantes et les défis sans cesse renouvelés du numérique, Nathan a, depuis son arrivée au cabinet, élargi ses compétences en intégrant le droit des crypto-actifs et de la blockchain dans son domaine de compétence.

Corporate

Harry allouche

# Harry Allouche

Avocat associé et co-fondateur

Harry, avocat associé et co-fondateur du cabinet Hashtag Avocats, dirige le pôle Corporate/Tax.

Son domaine d’expertise englobe les questions relatives à l’entrepreneuriat, au droit des affaires, ainsi qu’au droit du numérique. Avant de fonder Hashtag Avocats en 2015, Harry a cumulé des expériences à Paris et à Montréal en droit des affaires, travaillant au sein de divers cabinets d’avocats
et structures de taille intermédiaire. Sa passion pour le droit des affaires et les nouvelles technologies l’a conduit à cofonder Hashtag Avocats avec Arnaud Touati, dans le but de développer une expertise rare et complète dans ces domaines. Harry dispense également des cours dans plusieurs universités et écoles de commerce prestigieuses, abordant des sujets tels que le droit des sociétés, l’entrepreneuriat, ainsi que le droit du commerce électronique et de l’économie numérique. Il participe également à de nombreux workshops et événements dans l’écosystème des startups.

Ambrine durand

# Ambrine Durand

Avocat en droit des affaires et fiscalité

Ambrine exerce en tant qu’avocate collaboratrice au sein du pôle Corporate/Tax.

Elle intervient dans tous les domaines de la fiscalité des entreprises et possède une expertise particulière en matière de fiscalité des transactions internationales et des restructurations.

Depuis son inscription au Barreau de New York, Ambrine a développé des compétences dans le domaine de la fiscalité au sein de divers cabinets d’avocats parisiens. Depuis son arrivée au sein du cabinet Hashtag Avocats, Ambrine apporte une perspective éclairée sur les opérations de restructuration, élargissant ses compétences aux entreprises évoluant dans le domaine du Web3.

Eren erdogan

# Eren Erdogan

Juriste corporate fiscal

Eren exerce en tant que juriste collaborateur au sein du pôle Corporate/Tax.

Il intervient dans tous les domaines de la fiscalité des entreprises et a pris part à de nombreuses missions de conseils et de contrôles fiscaux impliquant des groupes sur leurs problématiques françaises et internationales.

Fort de six années d’expérience en droit des sociétés et en droit fiscal, Eren s’est spécialisé dans des domaines clés tels que la restructuration de sociétés et les levées de fonds. Depuis son arrivée au sein du cabinet Hashtag Avocats en 2023, Eren a acquis une expertise dans la tokenisation immobilière et la tokenisation en equity afin de répondre aux besoins en constante évolution des entreprises du Web3.

Office Manager

Leslie mpembele

# Leslie Mpembele

Assistante juridique

Leslie est Office Manager au sein du cabinet.

Leslie est en charge de la gestion complète des aspects administratifs du cabinet, ce qui englobe la supervision des aspects comptables, de la facturation, des ressources humaines, des services généraux. Son expérience et sa formation en tant qu’assistante juridique lui permettent aujourd’hui de saisir directement les problématiques des clients et de les orienter vers les pôles Contractuel IP/IT et Corporate/Tax.
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