Ce qu'il faut retenir
- L’audit vérifie un accord écrit contraignant, y compris électronique, son contenu et la preuve d’acceptation. Un document séparé signé sur papier n’est pas systématiquement nécessaire.
- Il contrôle la complétude des mentions imposées par l'article 28 RGPD : objet, durée, nature, finalité, type de données et catégories de personnes concernées.
- Les mesures de sécurité doivent être décrites précisément (chiffrement, contrôle des accès, gestion des incidents), un engagement de sécurité raisonnable étant difficile à faire respecter.
- L'audit examine les conditions de sous-traitance ultérieure, les délais de notification des violations et les mécanismes de transfert hors UE (adéquation, CCT à jour).
- Les écarts entre le DPA et le traitement réel, les usages propres mal définis et une chaîne de sous-traitance non documentée demandent un examen. La langue anglaise ne rend pas, à elle seule, un contrat non conforme.
De nombreuses entreprises ont signé des contrats de sous-traitance de données personnelles sans les avoir analysés en détail. Ces contrats peuvent dater d'avant l'entrée en application du RGPD, avoir été rédigés par des prestataires sur la base de modèles incomplets, ou avoir évolué en pratique sans que la documentation ait été mise à jour.
Un audit de ces contrats est utile avant un contrôle CNIL, dans le cadre d'une due diligence, ou simplement dans le cadre d'une démarche de conformité proactive. Voici une grille de contrôle structurée.
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ToggleL'existence et la forme du document
L’article 28 du RGPD exige un contrat ou un autre acte juridique contraignant sous forme écrite, y compris électronique. Vérifiez le document applicable, les annexes et une preuve d’acceptation. Une signature manuscrite ou une annexe autonome ne sont pas des exigences générales du règlement. Notre guide explique quand un DPA est requis et comment qualifier le prestataire.
La complétude des mentions obligatoires
Vérifiez que le contrat contient toutes les mentions imposées par l'article 28 : objet et durée du traitement, nature et finalité, type de données, catégories de personnes concernées, obligations et droits du responsable de traitement. L'absence de l'une de ces mentions n'invalide pas nécessairement le contrat dans son ensemble, mais constitue un manquement aux exigences du RGPD.
Les obligations de sécurité
Le contrat doit prévoir des mesures de sécurité appropriées. Vérifiez que ces mesures sont décrites de manière suffisamment précise : chiffrement des données, contrôle des accès, gestion des incidents, tests de sécurité, durée de conservation. Un engagement général de « sécurité raisonnable » sans précision est difficile à auditer et à faire respecter.
Les conditions de sous-traitance ultérieure
Vérifiez si le sous-traitant est autorisé à recourir à des sous-traitants ultérieurs, dans quelles conditions et avec quelle information ou autorisation de votre part. Si une autorisation générale est prévue, la liste des sous-traitants ultérieurs est-elle disponible et tenue à jour ? Le mécanisme d'information en cas de changement est-il précisé ?
Les droits des personnes et la gestion des violations
Le contrat doit prévoir l'assistance du sous-traitant pour répondre aux demandes d'exercice des droits et pour gérer les violations de données. Vérifiez les délais de notification en cas de violation (conformes à vos propres obligations vis-à-vis de la CNIL), les modalités d'assistance et le niveau de coopération attendu.
Les transferts hors UE
Si le sous-traitant est établi hors de l'Union européenne ou recourt à des sous-traitants ultérieurs hors UE, vérifiez que le mécanisme de transfert applicable est identifié et valide : décision d'adéquation, clauses contractuelles types (CCT), règles d'entreprise contraignantes. Les CCT adoptées par la Commission européenne ont été mises à jour : vérifiez que le contrat fait référence à la version en vigueur.
Les dispositions de fin de contrat
Vérifiez que le contrat prévoit explicitement la restitution ou la suppression des données à la fin du traitement, les modalités (format, délai, attestation) et les obligations de confidentialité post-contractuelles.
Signaux d'alerte
Examinez un DPA qui ne correspond pas au traitement réel, une réutilisation pour une finalité propre insuffisamment définie ou une chaîne de sous-traitance non documentée. Une réutilisation demande une analyse spécifique ; elle n’est ni automatiquement licite ni toujours interdite. La langue anglaise ne rend pas, à elle seule, le contrat non conforme : vérifiez sa compréhension, sa force obligatoire et les obligations applicables. Examinez aussi la répartition de la responsabilité et des coûts d’incident.
Pour un audit de vos contrats de sous-traitance de données, consultez notre page dédiée à l'avocat contrat de sous-traitance de données personnelles.