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Avocat groupe de sociétés

L'organisation en groupe de sociétés structure la plupart des entreprises ayant atteint une taille significative. Holding, filiales, sous-filiales, joint-ventures, succursales et participations minoritaires forment un ensemble dont la cohérence juridique, fiscale, sociale et opérationnelle doit être maîtrisée. Notre cabinet accompagne les dirigeants et directions juridiques dans la conception, la documentation et la gestion courante des groupes, à Paris et partout en France.

Cette page présente notre approche des groupes : structuration en holding, intégration fiscale, conventions intragroupes, prix de transfert, intérêt de groupe, restructurations internes et contentieux. Chaque situation est étudiée au regard des textes applicables et de la stratégie du client.

Structurer un groupe : holding et filiales

Une holding centralise les participations et, souvent, la trésorerie ou certaines fonctions supports. Elle peut être pure (simple détention de participations) ou animatrice (participation active à la conduite de la politique des filiales et rendu de services effectifs). Cette distinction est essentielle pour l'application de nombreux régimes de faveur (pacte Dutreil, exonération des biens professionnels à l'IFI, régime mère-fille).

La structuration initiale repose sur un choix de forme sociale (SAS, SA, SARL, société civile, holding étrangère), un pacte d'associés, une politique de distribution et un schéma de financement. Le recours à une holding animatrice permet, sous conditions documentaires strictes, de qualifier les titres détenus comme biens professionnels à l'IFI et d'éligibilité au pacte Dutreil (article 787 B du Code général des impôts). Les arrêts récents de la Cour de cassation et du Conseil d'État rappellent l'exigence d'une animation effective et permanente.

Régime mère-fille et intégration fiscale

Le régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI) exonère la société mère d'impôt sur les sociétés sur les dividendes reçus de ses filiales françaises et étrangères, à hauteur de 95 % (quote-part forfaitaire de frais et charges de 5 %). Il suppose une participation d'au moins 5 % du capital, détenue en pleine propriété ou en nue-propriété, avec un engagement de conservation de deux ans. Le régime est accessible aux sociétés soumises à l'IS et à leurs équivalents étrangers.

L'intégration fiscale (articles 223 A et suivants du CGI) permet, sur option, la compensation des résultats des sociétés du groupe, à condition que la société mère détienne au moins 95 % du capital de chaque filiale, directement ou indirectement. Le résultat d'ensemble est calculé après neutralisation de certaines opérations intragroupes. Les effets sont puissants (compensation immédiate des pertes d'une entité par les bénéfices des autres) mais le dispositif exige une documentation rigoureuse et une attention particulière à la sortie d'une société du périmètre.

La directive (UE) 2016/1164 (dite « ATAD ») a introduit des règles de limitation de la déductibilité des charges financières nettes (article 212 bis CGI), avec des modalités spécifiques pour les groupes intégrés. Ces règles doivent être anticipées dès la structuration du financement intragroupe.

Conventions intragroupes et prix de transfert

Les flux entre sociétés d'un même groupe (prestations de services, mises à disposition de personnel, redevances sur marques ou brevets, conventions de trésorerie, financements intragroupes) doivent être formalisés par des conventions écrites, exécutées à des conditions de marché. L'article L. 511-7 3° du Code monétaire et financier autorise les opérations de trésorerie intragroupes dans le cadre d'une société mère avec ses filiales directes ou indirectes majoritaires, par dérogation au monopole bancaire.

Pour aller plus loin : la rédaction d'une convention de trésorerie.

Les prix de transfert relèvent de l'article 57 du CGI et des obligations documentaires prévues aux articles L. 13 AA et L. 13 AB du Livre des procédures fiscales pour les groupes franchissant les seuils de chiffre d'affaires. L'obligation de documenter les transactions transfrontalières (fichier principal et fichier local, méthodes OCDE) est contrôlée strictement. Nous préparons et tenons à jour cette documentation, en coordination avec les fiscalistes internes des clients.

Intérêt de groupe et sécurité juridique

Le droit français reconnaît l'intérêt de groupe depuis la jurisprudence Rozenblum (Chambre criminelle de la Cour de cassation, 4 février 1985, pourvoi n° 84-91.581) : une aide financière d'une société à une autre société du même groupe peut être justifiée par un intérêt économique, social ou financier commun, à condition qu'elle n'excède pas les possibilités financières de la société qui la consent, qu'elle soit contrebalancée par une contrepartie, et qu'elle ne rompe pas l'équilibre entre les engagements respectifs.

Cette reconnaissance ne dispense pas du respect des règles propres à chaque société (intérêt social individuel, pouvoirs des dirigeants, conventions réglementées de l'article L. 225-38 du Code de commerce). Les opérations intragroupes sensibles sont soumises à la procédure des conventions réglementées et documentées dans les rapports de gestion.

Restructurations de groupe

Les restructurations internes visent à simplifier l'organigramme, préparer une cession, optimiser la fiscalité ou répondre à une évolution stratégique. Les opérations usuelles sont : la fusion-absorption entre sociétés du groupe, la transmission universelle de patrimoine (TUP) d'une filiale à 100 % (article 1844-5 du Code civil et L. 236-3 du Code de commerce), l'apport partiel d'actifs soumis au régime des scissions, la filialisation d'une branche d'activité, la création ou la dissolution d'entités.

Le régime de faveur des fusions (article 210 A CGI) permet la neutralité fiscale des opérations de restructuration, sous engagements précis (reprise des amortissements, maintien des régimes antérieurs, engagement de conservation des titres de la société absorbante). Les apports partiels d'actifs portant sur une branche complète d'activité bénéficient du même régime (article 210 B CGI). Pour les opérations transfrontalières intra-UE, la directive (UE) 2019/2121 transposée en droit français simplifie les opérations et renforce la protection des parties prenantes.

Contentieux et responsabilités au sein du groupe

Le groupe de sociétés fait naître des contentieux spécifiques : contestation d'une convention réglementée, action en responsabilité contre un dirigeant pour abus de biens sociaux ou abus de pouvoirs (article L. 242-6 du Code de commerce), contestation d'une opération d'apport ou de fusion, litiges entre majoritaires et minoritaires d'une filiale, mise en cause de la société mère pour immixtion dans la gestion d'une filiale.

La question de la responsabilité de la société mère pour les engagements de sa filiale se pose régulièrement. Le principe d'autonomie des personnes morales limite cette responsabilité, sauf cas particuliers (confusion des patrimoines, immixtion caractérisée, engagement exprès de garantie, théorie de l'apparence). En matière sociale et environnementale, la loi sur le devoir de vigilance (articles L. 225-102-4 et L. 225-102-5 du Code de commerce) impose aux grandes sociétés l'établissement et la publication d'un plan de vigilance couvrant leurs filiales et certains sous-traitants.

Dimension internationale des groupes

Les groupes à dimension internationale mobilisent les conventions fiscales bilatérales, les règles de l'Union européenne (directive mère-fille, directive intérêts-redevances, règles ATAD) et les principes OCDE (BEPS, pilier II). La règle de l'article 209 B du CGI (sociétés contrôlées à l'étranger bénéficiant d'un régime fiscal privilégié) et les règles anti-abus de l'article 238 A limitent les déductions vers des juridictions à fiscalité faible.

Le pilier II de l'OCDE (impôt minimum mondial de 15 %) s'applique aux groupes dépassant 750 M€ de chiffre d'affaires consolidé. Les obligations déclaratives sont organisées par la directive (UE) 2022/2523 transposée en droit français. Nous accompagnons les groupes dans la mise en conformité et l'anticipation des impacts financiers.

Comment notre cabinet vous accompagne

Notre équipe accompagne les dirigeants et directions juridiques dans la structuration initiale, la gestion courante, les restructurations, les opérations de croissance externe et les contentieux. Nous articulons nos interventions avec nos pôles fiscal, corporate, fusion-acquisition et droit des sociétés.

Pour étudier votre projet de structuration ou un sujet récurrent de gestion de groupe, nous vous invitons à nous contacter via le formulaire du cabinet. Un premier échange permet de cadrer les enjeux et les priorités.

Questions fréquentes

Quand faut-il créer une holding ?

Une holding est pertinente lorsque plusieurs objectifs se conjuguent : détention structurée des participations, optimisation fiscale des remontées de dividendes (régime mère-fille), organisation de la transmission familiale (pacte Dutreil), acquisition d'une nouvelle société avec effet de levier, séparation entre activités opérationnelles et patrimoine. La décision doit reposer sur une analyse économique, juridique et fiscale préalable.

Régime mère-fille et intégration fiscale : quelles différences ?

Le régime mère-fille exonère les dividendes reçus par la mère à 95 %, sans obligation de détention majoritaire (5 % suffisent). L'intégration fiscale consolide les résultats des sociétés du groupe et suppose une détention à 95 % minimum. Les deux régimes se combinent souvent, avec des effets fiscaux et administratifs distincts.

Qu'est-ce qu'une holding animatrice ?

Une holding qui participe activement à la conduite de la politique de son groupe, au contrôle de ses filiales et, le cas échéant, rend à celles-ci des services administratifs, juridiques, comptables, financiers ou immobiliers. L'animation doit être effective, permanente et documentée pour être reconnue. Les arrêts récents de la Cour de cassation en précisent les contours.

Une convention intragroupe doit-elle être formalisée ?

Oui. Les prestations de services, les redevances sur marques ou brevets, les conventions de trésorerie et tout flux intragroupe significatif doivent être formalisés par écrit, exécutés à des conditions de marché et, pour certaines catégories, soumis à la procédure des conventions réglementées. L'absence de formalisation est un facteur de redressement fiscal et de contentieux entre associés.

Quelles obligations en matière de prix de transfert ?

Les groupes dépassant les seuils prévus aux articles L. 13 AA et L. 13 AB du LPF doivent produire, sur demande de l'administration, une documentation détaillée (fichier principal, fichier local) justifiant les prix appliqués dans les transactions intragroupes transfrontalières. Les obligations croissent avec la taille du groupe et sont alignées sur les standards OCDE.

Quand utiliser une transmission universelle de patrimoine ?

La TUP est adaptée lorsque la société mère souhaite dissoudre sans liquidation une filiale détenue à 100 %. Elle transmet l'ensemble du patrimoine de la filiale à la mère, simplifie l'organigramme et peut bénéficier, sous conditions, du régime de neutralité fiscale. Elle suppose une déclaration, un délai d'opposition des créanciers de trente jours, puis la publicité au RCS.

La société mère est-elle responsable des dettes de sa filiale ?

En principe non : chaque société a une personnalité juridique distincte. La responsabilité peut être engagée dans des cas limités : confusion des patrimoines, immixtion caractérisée dans la gestion, engagement exprès de garantie, fraude paulienne, certaines dispositions spécifiques (droit social, environnemental, loi sur le devoir de vigilance). Une doctrine rigoureuse de gouvernance intragroupe prévient la plupart des risques.

Le pilier II de l'OCDE concerne-t-il mon groupe ?

Le pilier II vise les groupes multinationaux dont le chiffre d'affaires consolidé excède 750 millions d'euros sur deux des quatre derniers exercices. Il instaure un impôt minimum mondial effectif de 15 % sur les bénéfices des entités implantées dans chaque juridiction. Une analyse préalable identifie les entités impactées, les mesures correctives et les obligations déclaratives.

Chaque situation est particulière : les informations présentées sur cette page sont générales et ne remplacent pas un conseil juridique adapté à votre dossier. Le cabinet ne promet aucun résultat ; il s'engage sur les moyens mis en œuvre.

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Notre équipe
Des experts passionnés

Notre équipe est composée de professionnels passionnés et dédiés, chacun expert dans son domaine. De la propriété intellectuelle et du droit numérique au droit des affaires et à la fiscalité.

IP/IT

maitre arnaud touati

# Arnaud Touati

Avocat associé et co-fondateur

Arnaud, avocat associé et co-fondateur du cabinet Hashtag Avocats, dirige le pôle Contractuel IP-IT.

Son domaine d’expertise englobe les questions relatives à l’entrepreneuriat, au droit du numérique, au droit des données personnelles, ainsi qu’au droit du Web3.

Avant de fonder Hashtag Avocats en 2015, Arnaud a pratiqué le droit des affaires dans de nombreux cabinets d’avocats anglo-saxons à Paris, de grandes banques d’affaires, mais également au sein de structures de taille intermédiaire. Sa passion pour la technologie l’a naturellement conduit à fonder Hashtag Avocats avec Harry Allouche, dans le but de développer une expertise rare dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la protection des données (RGPD, éthique), et surtout de la blockchain (ICO/STO, NFT, Web 3.0).

Arnaud est également membre de l’incubateur du Barreau de Paris. Il enseigne à l’École de Formation du Barreau et dans plusieurs écoles de commerce renommées. Il participe également à de nombreux workshops et événements au sein de l’écosystème des startups.

Elise hausherr

# Elise Hausherr

Avocate collaboratrice au sein du pôle Contractuel IP-IT

Elise exerce en tant qu’avocate collaboratrice au sein du pôle Contractuel IP-IT.

Son domaine d’expertise englobe les questions relatives au droit des données personnelles, au droit du numérique et au droit du Web3.

Elise a suivi une double formation droit des affaires / école de commerce. Avant de rejoindre Hashtag Avocats en 2021, Elise a cumulé huit années d’expérience au sein d’une grande société de conseil en technologies. Pendant cette période, elle a dirigé des projets de transformation complexes pour de grandes entreprises françaises et internationales opérant dans le secteur industriel. Aujourd’hui, elle accompagne les clients en résolvant leurs problématiques juridiques tout en apportant son expertise opérationnelle. Depuis son arrivée au cabinet, Elise a développé les pôles Fintech/Blockchain/NFT et RGPD. Elle a également mis en place des outils internes afin d’améliorer les processus du cabinet.

Nathan benzacken

# Nathan Benzacken

Avocat dans le domaine de la propriété intellectuelle et du droit numérique

Nathan exerce en tant qu’avocat collaborateur au sein du pôle Contractuel IP-IT.

Son domaine d’expertise englobe les questions relatives au droit du numérique et de la propriété intellectuelle. Son expérience s’est enrichie au sein de services juridiques, notamment dans le domaine de l’audiovisuel et du cinéma, ainsi qu’au sein de cabinets d’avocats traitant du droit d’auteur, du droit des marques, du droit de la consommation, du droit des données personnelles et du droit de la presse.

Passionné par les évolutions constantes et les défis sans cesse renouvelés du numérique, Nathan a, depuis son arrivée au cabinet, élargi ses compétences en intégrant le droit des crypto-actifs et de la blockchain dans son domaine de compétence.

Corporate

Harry allouche

# Harry Allouche

Avocat associé et co-fondateur

Harry, avocat associé et co-fondateur du cabinet Hashtag Avocats, dirige le pôle Corporate/Tax.

Son domaine d’expertise englobe les questions relatives à l’entrepreneuriat, au droit des affaires, ainsi qu’au droit du numérique. Avant de fonder Hashtag Avocats en 2015, Harry a cumulé des expériences à Paris et à Montréal en droit des affaires, travaillant au sein de divers cabinets d’avocats
et structures de taille intermédiaire. Sa passion pour le droit des affaires et les nouvelles technologies l’a conduit à cofonder Hashtag Avocats avec Arnaud Touati, dans le but de développer une expertise rare et complète dans ces domaines. Harry dispense également des cours dans plusieurs universités et écoles de commerce prestigieuses, abordant des sujets tels que le droit des sociétés, l’entrepreneuriat, ainsi que le droit du commerce électronique et de l’économie numérique. Il participe également à de nombreux workshops et événements dans l’écosystème des startups.

Ambrine durand

# Ambrine Durand

Avocat en droit des affaires et fiscalité

Ambrine exerce en tant qu’avocate collaboratrice au sein du pôle Corporate/Tax.

Elle intervient dans tous les domaines de la fiscalité des entreprises et possède une expertise particulière en matière de fiscalité des transactions internationales et des restructurations.

Depuis son inscription au Barreau de New York, Ambrine a développé des compétences dans le domaine de la fiscalité au sein de divers cabinets d’avocats parisiens. Depuis son arrivée au sein du cabinet Hashtag Avocats, Ambrine apporte une perspective éclairée sur les opérations de restructuration, élargissant ses compétences aux entreprises évoluant dans le domaine du Web3.

Eren erdogan

# Eren Erdogan

Juriste corporate fiscal

Eren exerce en tant que juriste collaborateur au sein du pôle Corporate/Tax.

Il intervient dans tous les domaines de la fiscalité des entreprises et a pris part à de nombreuses missions de conseils et de contrôles fiscaux impliquant des groupes sur leurs problématiques françaises et internationales.

Fort de six années d’expérience en droit des sociétés et en droit fiscal, Eren s’est spécialisé dans des domaines clés tels que la restructuration de sociétés et les levées de fonds. Depuis son arrivée au sein du cabinet Hashtag Avocats en 2023, Eren a acquis une expertise dans la tokenisation immobilière et la tokenisation en equity afin de répondre aux besoins en constante évolution des entreprises du Web3.

Office Manager

Leslie mpembele

# Leslie Mpembele

Assistante juridique

Leslie est Office Manager au sein du cabinet.

Leslie est en charge de la gestion complète des aspects administratifs du cabinet, ce qui englobe la supervision des aspects comptables, de la facturation, des ressources humaines, des services généraux. Son expérience et sa formation en tant qu’assistante juridique lui permettent aujourd’hui de saisir directement les problématiques des clients et de les orienter vers les pôles Contractuel IP/IT et Corporate/Tax.
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