Ce qu'il faut retenir
- MANTRA situe la chute du token OM au 13 avril 2025. Son communiqué du 16 avril rapporte une baisse de 92 % en environ une heure.
- John Mullin, PDG de Mantra, attribue l'effondrement à des liquidations automatisées déclenchées par des investisseurs ayant utilisé leurs tokens comme garantie d'emprunts.
- En avril 2025, MANTRA annonçait un programme de rachat et de destruction de tokens. Une annonce ne prouve pas sa réalisation.
- Les déclarations de l’équipe sur les causes de la baisse doivent être distinguées de faits établis par une autorité indépendante.
- La répartition des droits de vote doit être examinée à une date précise ; aucun pourcentage de contrôle non documenté n’est retenu ici.
- Ces pratiques soulèvent des questions de conformité au regard du règlement MiCA, qui interdit les manipulations de marché sur les crypto-actifs (article 91).
Cet article revient sur la chute d’OM d’avril 2025. Les communications du projet éclairent sa position, mais ne suffisent pas à établir une responsabilité juridique.
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ToggleLa chute d’OM d’avril 2025
Le communiqué de MANTRA du 16 avril 2025 date l’événement du 13 avril et rapporte une baisse de 92 % en environ une heure. Ces chiffres sont attribués au projet.
📚 Pour les novices : Une cryptomonnaie ou token est un actif numérique sécurisé par la technologie blockchain. Contrairement aux monnaies traditionnelles, sa valeur n'est garantie par aucune banque centrale et peut donc fluctuer de façon très importante en peu de temps. Les tokens comme OM sont souvent utilisés dans la finance décentralisée (DeFi) pour accéder à des services spécifiques sur une plateforme.
Face aux accusations de manipulation de marché et d'opacité financière, John Mullin, PDG de Mantra, maintient une position défensive catégorique. Sa version des faits attribue l'effondrement à un enchaînement technique de liquidations automatisées sur les plateformes d'échange. Selon lui, des investisseurs majeurs auraient utilisé leurs tokens OM comme garantie pour des emprunts substantiels, déclenchant un effet domino dévastateur lorsque le cours a commencé à fléchir.
Cette explication technique soulève néanmoins de sérieuses questions sur la conformité réglementaire du projet Mantra avec les exigences de l'Autorité des Marchés Financiers concernant les mesures anti-manipulation. Les systèmes automatisés de liquidation ont-ils été correctement calibrés pour éviter de tels scénarios catastrophiques? La gestion des risques a-t-elle été suffisamment rigoureuse face à des positions aussi concentrées?
Les mesures de stabilisation proposées face au crible du droit financier
Le projet annonçait des mesures de soutien au token. Il faut distinguer l’annonce, le financement prévu et les opérations effectivement réalisées.
Le 21 avril 2025, MANTRA annonçait la destruction de 150 millions de tokens de l’allocation de John Patrick Mullin. Une destruction supplémentaire de 150 millions était encore en discussion. Ces étapes ne doivent pas être confondues avec une exécution déjà acquise.
Une opération de rachat ne permet pas, à elle seule, de conclure à une manipulation de marché. L’analyse exige des faits datés, le périmètre réglementaire applicable et les conditions du texte invoqué.
Aucun aveu de manipulation ne doit être attribué à une personne sans déclaration identifiable et replacée dans son contexte.
Les vulnérabilités structurelles et leurs implications juridiques
La concentration des droits de vote est un élément à examiner dans la gouvernance d’un projet. Les données doivent préciser les portefeuilles retenus, leur attribution et la date d’observation.
Les ventes hors marché et l’usage des fonds doivent être documentés avant d’en tirer une conclusion. Aucun montant de vente non vérifié n’est retenu dans cette analyse.
Les cours et les valorisations de 2025 sont des données historiques. Ils ne décrivent pas le prix actuel du token et ne permettent pas de prévoir sa reprise.
La transparence des communications doit être appréciée à partir de documents datés et des opérations vérifiables, sans préjuger d’une conclusion du régulateur.
Leçons juridiques et précautions essentielles pour les investisseurs
Cet effondrement spectaculaire met en lumière l'urgence d'un cadre réglementaire adapté aux spécificités des cryptoactifs. Les risques systémiques liés aux mécanismes de liquidation automatisée et aux garanties croisées entre différents actifs numériques nécessitent une vigilance accrue tant des investisseurs que des régulateurs.
Avant tout investissement, examinez les droits du token, la gouvernance, la liquidité et les risques. Ne déduisez pas la conformité ou la décentralisation d’un seul chiffre.
La multiplicité des juridictions impliquées complexifie considérablement le paysage juridique pour les victimes potentielles de cette débâcle. Les investisseurs français disposent néanmoins de recours spécifiques auprès de l'AMF et peuvent s'appuyer sur l'expertise d'avocats spécialisés pour faire valoir leurs droits face à des situations de marché potentiellement manipulatoires.
Un recours suppose d’identifier les faits, un fondement applicable, un préjudice et la juridiction compétente. Une perte de marché ne garantit ni responsabilité d’un tiers ni indemnisation.